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L'Aubrac vu par Henri Pourrat


L'Aubrac, on y est dans l'air. Jamais, je n'ai eu ailleurs un tel sentiment d'être au milieu de l'air. Je ne sais pas : c'est sans doute ses longs pacages nus, et pas un arbre, à peine de loin en loin de curieux hérissons de basalte : des bandes de montagnes et des bandes de vaches qui vaquent sans chiens entre d'interminables cordons de pierres grises ; des vaches d'un blond quelque peu âcre de gentiane et de silex et qui, avec leurs grands yeux charbonnés de mauvaises femmes, ont plus de regard que les autres vaches.....C'est cela, et puis surtout ce cristal, ce goût de vent, d'herbes amères, d'eau de neiges, un goût d'espace...Oui, ses clartés, ses solitudes ....et ses rivières pavées où l'eau glacée des truites court sur des hexagones de basalte....Difficile de dire....Mais l'Aubrac ! Ah ! L'Aubrac ! (Henri Pourrat)

Les veillées

Souvenirs de Denise Pignol, adhérente de l'ADECA
"A propos des veillées d'autrefois"

"L'automne est reparti avec les hirondelles
Et à nouveau le froid revient à tire d'ailes
Les jours se font plus courts, plus longs les crépuscules
Les matins sont plus frais et les beaux jours reculent.

L'hiver est arrivé et de son manteau blanc
Recouvre les maisons, les arbres et les champs.
C'est le temps des veillées, le soir au coin du feu
Rassemblant les voisins, les jeunes et les vieux.
Légendes et chansons égayent les chaumières
Tout au fond de la nuit, tel l'écho aux prières ...."

L'hiver, au coin du feu, on organisait des veillées en famille et entre voisins.
On bavardait, on chantait, on racontait des histoires, on jouait aussi de la cabrette ou de l'accordéon.
On ne restait pas sans rien faire :
  Casser des noix
  Egrainer du maïs
  Eplucher des châtaignes
  Filer la laine
  Fabriquer des paniers ou des objets en bois.

Une habitude locale dans mon pays de l'Aubrac Sud : parfois, (et principalement pendant la guerre de 39/45), une statue de la Vierge sortait de l'église et circulait de maisons en maisons. Elle séjournait 3 ou 4 jours dans la maison. Le soir, à la veillée, la famille priait et une soirée était consacrée à inviter les voisins. On priait d'abord, puis on partageait des gâteaux, on chantait, quelque fois même on dansait. C'était la fête !
La Vierge circulait ainsi de familles en familles ; lorsqu'elle avait fait le tour de toutes les maisons, elle retrouvait sa place à l'église.
Au cours des veillées, dans les familles abonnées à la "Veillée des Chaumières", ceux qui savaient lire lisaient des articles aux autres.